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Mon professeur de lettres

Hommage à Monsieur L' on-Raymond L' vy,
mon professeur de lettres en 1954 au Collège de Mascara, décédé le 2 août 2004

COLLEGE DE GARÇONS PERSONNEL ENSEIGNANT ANNEE SCOLAIRE 1950-1951

Mon entrée au collège, en sixième classique,
Me fit appréhender ce lieu microcosmique,
Périmètre social où sciences et découvertes
Et toutes connaissances, sont pleinement offertes.
A la langue d’Horace, je devais m’attaquer,
Redoutable bastion qui plus D'UN fit craquer :
Langue morte et antique, concoctée d’inversions,
De formes flexionnelles, de thèmes, de versions...
Afin de m’enseigner ce latin redouté,
J’ai eu la chance insigne et l’opportunité
D’avoir un professeur au talent remarquable.
Son souvenir en moi demeure impérissable.
Il était jeune et vif, maîtrisait le savoir,
Son vocable ludique savait nous mouvoir.
Dès qu’il portait sur nous son regard malicieux,
On ne pouvait manquer de devenir studieux.
Il exerçait sur tous une fascination.
S’il fronçait les sourcils avec réprobation,
Plus D'UN cancre, à défaut déy perdre son latin,
Y perdit s'rement son esprit cabotin.
Il avait pour s'duire ce savoir patent?,
Cet enthousiasme fait de générosité,
Ce regard pénétrant du grand frère attentif,
Quand de L'accusatif ou bien de L'ablatif
Il justifiait L' emploi. Cinquante ans ont pass? !
A ces instants heureux, j’ai souvent rêvassé.
aujourd'hui cependant, j'ai le coeur attrist? :
Mon professeur de lettres est parti cet t'
Rejoindre au Paradis les mânes des anciens.
Je me sens orphelin D'UN temps de collégien
Où décliner rosa grâce à lui devenait
Un simple jeu d’enfant, bien plus qu’il n’y paraît.


 A.M Benalal  le 02.09.2004

        

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