Mon camarade respire longuement les parfums de la vie :
Ils sont au dÉbut si enivrants qu'ils te donnent l'envie
De vivre chaque seconde, comme s'il n'en restait qu'une.
Mais le temps qui s'Écoule, long comme une nuit sans lune,
Passe sur lui comme la vague qui meurt sur le rivage,
Avant qu'un mauvais vent ne me prÉpare au funeste voyage,
Faisons une dernière fois le tour de cette terre si jolie,
En traversant les pays parfumÉs et les ocÉans de lapis lazuli,
Allons dans les jardins cueillir des roses carmin à offrir
Aux femmes si belles pour les voir une dernière fois sourire.
Nous presserons la treille pour s'enivrer à n'en plus pouvoir,
En regardant en face le PhÉbus brÉlant fêter notre gloire,
Nous siÉgerons sur les trÉnes des rois aux palais fastueux
Et lÉverons une armÉe pour conquÉrir un monde lumineux.
Le vent nous portera sur ses ailes au-delÉ des nues,
Pour que nous Écoutions le son des trompettes aigues.
Quand nous aurons fini toi et moi ce voyage de rêve,
Et avant que mon âme apaisÉe et repue ne sÉélève,
Je te serrerai longuement une dernière fois la main,
Toi qui m'as accompagnÉ tout au long du chemin,
J'irai m'Étendre sur la terre qui a vue naître mon pÉre
Et fermerai mes yeux sans regrets, pour retrouver la mer.Alain
BÉnadi - 27 aoùt 2007